église ego ergo sum moi sartre salvador
Derniers commentairesde rien , aucun mérite , il te revient; si je l'ai si bien dit s'est très certainement que tu m'as très bien l
Par annacis, le 31.03.2014
ils étaient de toute façon déjà vampirisés d'avance, perdant; mordu aux reflets du miroir aux alouettes de la
Par annacis, le 30.03.2014
merci annacis, tu as tout saisi, même moi je n'aurais pas su dire aussi bien que toi ! merci pour la visite, b
Par ukriman, le 30.03.2014
une jolie poésie, fraiche comme certain de nos instants de vie; spontanéité de l'idée à suivre dans une trace
Par annacis, le 30.03.2014
merci, très gentil.http:// ukriman.center blog.net
Par ukriman, le 14.03.2014
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Date de création : 07.02.2014
Dernière mise à jour :
06.04.2014
31 articles
Moi, je pense, je rêve, j'aime, je hais, je mange, je bois, je fais, je dors, je souhaite, je déteste, j'existe, donc je suis...je suis moi
"Considérons ce garçon de café. Il a le geste vif et appuyé, un peu trop précis, un peu trop rapide, il vient vers les consommateurs d'un pas un peu trop vif, il s'incline avec un peu trop d'empressement, sa voix, ses yeux expriment un intérêt un peu trop plein de sollicitude pour la commande du client, enfin le voilà qui revient, en essayant d'imiter dans sa démarche la rigueur inflexible d'on ne sait quel automate tout en portant son plateau avec une sorte de témérité de funambule, en le mettant dans un équilibre perpétuellement instable et perpétuellement rompu, qu'il rétablit perpétuellement d'un mouvement léger du bras et de la main.
Toute sa conduite nous semble un jeu. Il s'applique à enchaîner ses mouvements comme s'ils étaient des mécanismes se commandant les uns les autres, sa mimique et sa voix même semblent des mécanismes ; il se donne la prestesse et la rapidité impitoyable des choses. Il joue, il s'amuse. Mais à quoi donc joue-t-il ? Il ne faut pas l'observer longtemps pour s'en rendre compte : il joue à être garçon de café. Il n'y a rien là qui puisse nous surprendre : le jeu est une sorte de repérage et d'investigation. L'enfant joue avec son corps pour l'explorer, pour en dresser l'inventaire ; le garçon de café joue avec sa condition pour la réaliser.
Cette obligation ne diffère pas de celle qui s'impose à tous les commerçants : leur condition est toute de cérémonie, le public réclame d'eux qu'ils la réalisent comme une cérémonie, il y a la danse de l'épicier du tailleur, du commissaire priseur, par quoi ils s'efforcent de persuader à leur clientèle qu'ils ne sont rien d'autre qu'un épicier, qu'un commissaire-priseur, qu'un tailleur. Un épicier qui rêve est offensant pour l'acheteur, parce qu'il n'est plus tout à fait un épicier. La politesse exige qu'il se contienne dans sa fonction d'épicier, comme le soldat au garde-à-vous se fait chose-soldat avec un regard direct mais qui ne voit point, qui n'est plus fait pour voir, puisque c'est le règlement et non l'intérêt du moment qui détermine le point qu'il doit fixer (le regard « fixé à dix pas »).
Voilà bien des précautions pour emprisonner l'homme dans ce qu'il est. Comme si nous vivions dans la crainte perpétuelle qu'il n'y échappe, qu'il ne déborde et n'élude tout à coup sa condition."
(Jean-Paul Sartre)